Les procureurs sud-coréens ont une nouvelle fois requis une peine de prison ferme contre la créatrice de la chaîne YouTube Taldeok Sooyongso, accusée d’avoir diffamé plusieurs célébrités, dont Jang Wonyoung, membre du groupe IVE.
Une affaire emblématique de la lutte contre la diffamation en ligne
Le 16 octobre, la Cour d’appel du district d’Incheon a tenu l’audience finale du procès en appel de la prévenue, âgée de 37 ans, poursuivie pour diffamation et atteinte à la réputation via les réseaux de communication électronique, en vertu de la loi sur l’information et les communications.
Lors du premier procès, la YouTubeuse — désignée sous le nom de A — avait été condamnée à deux ans de prison avec sursis de trois ans, 120 heures de travaux d’intérêt général, et la confiscation de 200 millions de wons (environ 141 000 dollars américains), correspondant aux gains issus de sa chaîne.
Un appel à double sens : peine trop lourde ou trop clémente ?
Les deux parties ont fait appel :
- La défense a estimé que la peine initiale était trop sévère,
- tandis que le parquet a considéré qu’elle était trop indulgente au regard de la gravité des faits.
Lors de l’audience, les procureurs ont de nouveau demandé quatre ans de prison ferme, soit la même peine qu’ils avaient requise lors du premier procès.
Les arguments de la défense et les excuses de la prévenue
La défense a plaidé en faveur d’une réduction de peine, affirmant que la prévenue reconnaissait pleinement la gravité de ses actes et qu’elle avait déjà pris des mesures pour réparer les torts causés.
Avant le premier jugement, elle avait supprimé sa chaîne YouTube et déposé une somme compensatoire pour indemniser les victimes.
Dans sa déclaration finale, la prévenue a déclaré :
« Je réalisais des vidéos à partir de publications et de commentaires en ligne, pensant servir le droit du public à l’information. Je comprends désormais combien cela était faux. »
Elle a ajouté :
« Depuis cette affaire, mes données personnelles ont été exposées, et je vis sous une forte stigmatisation publique. Je suis suivie par un psychiatre et j’essaie de me reconstruire. Je demande une dernière chance pour réfléchir à mes erreurs et devenir une citoyenne responsable. »
Un verdict attendu en novembre
Le verdict final de la cour d’appel sera rendu le 11 novembre.
Selon l’acte d’accusation, la YouTubeuse aurait publié 23 vidéos diffamatoires entre octobre 2021 et juin 2023, visant sept célébrités et influenceurs, dont Jang Wonyoung d’IVE.
Elle aurait également posté 19 vidéos moquant l’apparence physique de plusieurs victimes.
L’enquête a révélé qu’elle avait gagné environ 250 millions de wons (176 000 dollars) grâce aux revenus publicitaires et au soutien de spectateurs pendant ces deux années d’activité.
Cette affaire s’inscrit dans une série de procès récents contre la cyberdiffamation en Corée du Sud, un phénomène de plus en plus surveillé par les autorités, notamment lorsqu’il cible des artistes de la scène K-pop.
