Une comparution écourtée qui suscite l’attention
Le 16 avril 2025, la célèbre YouTubeuse sud-coréenne Tzuyang (de son vrai nom Park Jung Won), suivie par plus de 10 millions d’abonnés, s’est présentée au commissariat de Gangnam à Séoul dans le cadre d’une plainte pour diffamation, intimidation et coercition. Mais contre toute attente, l’audition n’a duré que 30 minutes, avant qu’elle ne quitte les lieux, refusant de poursuivre l’entretien.
Son avocat, Maître Kim Taeyeon, a justifié cette décision en déclarant :
« Nous avons eu le sentiment que la police ne la reconnaissait pas comme une victime et ne cherchait pas à la protéger. Nous doutons désormais de l’impartialité de l’enquête. »

Une plainte contre un influenceur controversé
Tzuyang avait déposé plainte contre Kim Se Ui, directeur de la chaîne YouTube Garosero Research Institute, connue pour ses contenus à connotation politique conservatrice et diffamatoire. Bien que la police ait initialement classé l’affaire sans suite, invoquant un manque de preuves et un retrait supposé de la plainte, Tzuyang conteste formellement cette décision.
Le parquet a depuis ordonné une réouverture de l’enquête et demandé un complément d’information, d’où cette nouvelle convocation.
Des accusations lourdes et un climat toxique
L’affaire s’enracine dans une série de harcèlements répétés, qui auraient eu lieu entre juillet et octobre 2024, avec 30 à 40 incidents documentés, selon son avocat. Deux ordonnances de restriction temporaires ont d’ailleurs été délivrées par la justice contre Kim Se Ui, le qualifiant de harceleur.
Parmi les faits les plus marquants : un enregistrement audio aurait été diffusé, révélant des conversations entre influenceurs discutant de chantage contre Tzuyang, avec des détails privés sur sa vie personnelle. Peu après, Kim Se Ui publie une vidéo accusatoire, s’en prenant publiquement à elle, en remettant en cause des éléments liés à un passé difficile impliquant un ex-petit ami abusif.

Une stratégie juridique plus adaptée
Contrairement à ce qui a été déclaré initialement par les autorités, Tzuyang n’a pas volontairement abandonné sa plainte. Son équipe juridique a précisé que le retrait de la première plainte faisait partie d’une stratégie visant à relancer l’affaire dans une juridiction plus appropriée, mieux équipée pour gérer la sensibilité du dossier.
Une volonté de ne plus se taire
Avant son bref passage au commissariat, Tzuyang a livré un témoignage poignant, déclarant :
« Ce qui m’a le plus blessée, ce n’est pas seulement ce que j’ai vécu, mais de voir mes proches être affectés. J’ai eu peur de me défendre, mais aujourd’hui, je veux m’exprimer pour que d’autres ne subissent pas ce que j’ai traversé. »
Elle affirme ainsi sa détermination à lutter contre le cyberharcèlement, un phénomène malheureusement récurrent dans l’univers des créateurs de contenu en ligne, et espère que son combat inspirera d’autres victimes à se lever.
