Après plus de trois décennies d’interdiction, la Corée du Sud vient de franchir un tournant historique : le Tattooist Act a été adopté par l’Assemblée nationale, autorisant officiellement les artistes non-médicaux à pratiquer le tatouage.
Une légalisation historique
Le 25 septembre, l’Assemblée nationale a voté le texte avec 195 voix pour et 7 abstentions sur 202 membres présents.
Désormais, le tatouage et le maquillage permanent sont reconnus comme des “actes de tatouage”. Seules les personnes ayant réussi un examen national et obtenu une licence pourront exercer légalement.
Cependant, certaines restrictions sont maintenues :
- L’interdiction pour les tatoueurs d’effectuer des détatouages.
- L’interdiction de tatouer un mineur sans consentement parental.
- L’obligation de suivre une formation en hygiène et sécurité.
- L’obligation de consigner les informations liées à chaque prestation (date, zone tatouée, quantité et type de pigment utilisé).
La loi entrera en vigueur dans deux ans, avec une période transitoire prévue pour permettre aux tatoueurs de s’enregistrer et d’obtenir leur licence.

Contexte et enjeux
Jusqu’ici, le tatouage par des non-médecins était considéré comme une violation de la loi médicale, à la suite d’un arrêt de la Cour suprême de 1992. Pourtant, dans les faits, la majorité des tatouages réalisés en Corée l’étaient par des artistes non-médicaux, en particulier dans une optique esthétique et artistique.
D’après l’Institut national de la santé, environ 13 millions de Sud-Coréens portaient un tatouage en 2021, et plus de 300 000 personnes travaillaient déjà dans l’industrie, souvent dans une zone grise légale.
Réactions
- La Korea Tattooists’ Association a salué une victoire historique : « Nous pouvons enfin exercer avec fierté en tant que professionnels reconnus. Nous allons faire du K-Tattoo une référence mondiale. »
- Kim Do Yoon, représentant syndical des tatoueurs, a déclaré : « Je me sens comme renaître aujourd’hui. Notre objectif final est d’être pleinement reconnus comme artistes. »
- La ministre de la Santé Jeong Eun Kyung a souligné que la loi reflète enfin la réalité d’un secteur en pleine expansion, garantissant désormais un cadre sûr et encadré.
Toutefois, la Korean Medical Association (KMA) reste critique et exige que l’éducation et le contrôle des procédures soient supervisés par le corps médical afin de garantir la sécurité des patients.
